• Chloé Gimenez

Comment lutter contre la disparition des insectes?

Les insectes représentent plus de la moitié de la totalité des espèces vivantes de la planète. Cependant depuis 1990, on remarque une nette diminution de près de 25% de la population d'insectes présente sur la surface du globe. Il y a une vingtaine d’années, les automobilistes pouvaient observer la présence de nombreux insectes sur leur véhicules, les obligeant à nettoyer ce “carnage”. Aujourd’hui, on parle de “windshield phenomenon” qui signifie en français qu’il n’y a plus d’insectes à tuer. Les conducteurs n'observent plus ce même phénomène. Leurs voitures sont propres à toutes “bestioles”.

Mais alors comment expliquons-nous cela? La forte diminution du nombre d’insectes est liée d'abord à l’augmentation de l’urbanisation des espaces. En effet, la surpression des lieux dits “naturels” et remplacés par une bétonisation généralisée a fait chuter la quantité d'insectes. La deuxième raison est liée à l’agriculture due à une utilisation massive de pesticides. Ceux-ci servant à tuer les nuisibles des champs de culture. Cependant, ces intrants ne font pas la différence entre “bons” et “mauvais” insectes et déciment tout sur leurs passages.

Pour des raisons de stabilité environnementale, il nous faut trouver des solutions pour contrer ce problème qui pourrait être grave si nous ne réagissons pas. Comment alors freiner cette diminution et lutter contre la disparition de cette espèce animale?



Les solutions seraient d’abord un retour vers plus de paysages végétalisés. En effet, l’urbanisation a supprimé les espaces de vie de la majorité des animaux incluant les insectes. Vous en conviendrez, il est très difficile d’observer une infinité de spécimens en milieux urbains. Une re-végétalisation des espaces serait à envisager. Enlever le béton pour le remplacer par du “vert”, en incluant de nombreux végétaux mellifères afin de permettre la conservation des insectes pollinisateurs.

La ville de Paris a pris de l’avance à ce niveau là. Plusieurs écoles de la ville ont subi une transition au niveau de leur cours de récréation. Elles ont été transformées en un oasis de biodiversité. Le but étant d’éduquer et sensibiliser les enfants à la nature et à l'écologie et de rafraîchir l’espace. En effet, les lieux bétonnés emmagasinent la chaleur et la propagent. Ces espaces repensés sont le futur, car avec le réchauffement climatique, nous ne pourrons plus vivre dans des espaces trop bétonnés. C’est d’autant plus le futur puisqu’ils permettent une conservation et une protection des espèces. Plus de vert pour un monde meilleur dirons nous alors.


Il faudrait dans un second temps également repenser l’agriculture traditionnelle afin de permettre la diminution de l’utilisation des pesticides. Penser une agriculture plus intelligente. En effet, la France est le premier consommateur européen de pesticides, avec plus de 110 000 tonnes de produits vendus chaque année. Pour éviter les pesticides, on peut savamment jouer avec les odeurs et autres signaux que perçoivent les insectes. Au cas par cas, les chercheurs peuvent développer des substances qui attirent le ravageur pour mettre en place des systèmes de pièges et intégrer des répulsifs.

On peut également faire des cultures mixtes, qui serait d’alterner les plantes afin de brouiller les signaux des insectes. Ils seraient alors moins capables de déterminer leur “cible”.

Nous pourrions aussi penser à intégrer dans ces cultures plus de prédateurs naturels qui viendront chasser une partie de la population de nuisibles.


Penser à la survie des insectes, nécessiterait donc de réinventer notre environnement ainsi que le fonctionnement de l’agriculture. Certaines démarches sont en cours comme le développement des écoles oasis ou la recherche d’alternatives aux pesticides. Sensibiliser la population notamment les enfants sur l’importance des insectes et de la biodiversité en général est un point majeur également car nous ne pourrons faire bouger les choses que si nous sommes conscients de l’importance de la conservation des espèces.



Jardinage entomologique a été créée en juin 2008 par Sébastien LEVRET (premier créateur français de meubles à insectes). Elle est née de l’envie de protéger les différentes espèces d’insectes et de les utiliser à bon escient. Cette micro-entreprise consiste en l’élaboration de structures (hôtels et nichoirs) pensées de telle sorte à pouvoir accueillir et sauvegarder les hexapodes. Les refuges sont fabriqués artisanalement à partir de matière locale (essentiellement du bois) et sont étudiés et suivis tous les jours afin de les améliorer pour le bien-être et la conservation des espèces.

Les coccinelles et les chrysopes qui mangent les pucerons, utilisent la partie supérieure du refuge durant l’hiver et les nuits froides.


Les endroits où sont présentes les tiges creuses accueillent les abeilles sauvages qui viennent nicher dans les cavités.


La partie inférieure voit s’inviter les perce-oreille qui sont également de gros mangeurs de pucerons. Ils s’y abritent la journée et chassent leurs proies la nuit.


Nous pouvons retrouver de nombreux abris à insectes un peu partout dans les espaces verts. En effet, ces structures se développent de plus en plus même chez les particuliers.

Dans des environnements qui sont en perpétuelle urbanisation, ces objets contribuent modérément à la sauvegarde des insectes. Cependant, si nous ne pensons pas un futur moins bétonné, les insectes disparaîtront des zones urbaines. Il est donc important d’élargir ces axes d'amélioration. Refuges à insectes oui, mais avec plus d’espaces qui tendent à se revégétaliser.

En conclusion, nous fabriquons des maisons pour insectes afin de les protéger, ce qui est très positif d’un point de vue écologique. Néanmoins, rien ne pourra remplacer un réel habitat naturel pour les espèces animales et insectes. Il en va donc de reverdir les espaces urbains pour voir réapparaître ces êtres vivants. C’est ce que tente de faire les cours Oasis dans différentes cours de récréation à Paris.


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